Moscou
Moscou est une grande, une très grande ville. Elle s'étend sur environ 30 Km d'est en ouest et sur 40 km du nord au sud. Le territoire de la cité est délimité par l'autoroute périphérique (longue de 109 km et distante de 17 a 23 km du centre-ville) et couvre une superficie de près de 1000 km2. Au cours de ces dernières années, des nouveaux quartiers résidentiels ont même débordé la limite de l'autoroute périphérique. Moscou continue de grandir…
Prenez une carte de la Russie. Dans la partie européenne du pays, à peu près au milieu entre la frontière occidentale de la Russie et l'Oural, qui marque la séparation entre l'Europe et l'Asie, se trouve la ville. Moscou est au centre d'une plaine dite table russe. Pour ceux qui aiment les précisions et afin de pouvoir comparer sa situation avec d'autres villes, voici ses coordonnées géographique: 55°45' de latitude nord et 37°37' de longuitude est. Moscou est entourée de toutes parts de forêts de feuillus et de conifères. La Moskova traverse Moscou du nord-ouest au sud-est, sur une longueur d'environ 80 km. Au nord de la capitale, le canal de Moscou la relie à la Volga, fleuve russe célèbre. Au sud-est la Moskova se jette dans l'Oka, le plus important des affluants de la rive droite de la Volga. Grâce au canal, à la Volga et à d'autres fleuves, Moscou est, on peut le dire, le port de cinq mers: dans la capitale peuvent venir des navires en provenance des mers Baltique, Blanche, Caspienne, Noire et d'Azov.
Tout autour de Moscou se trouvent de nombreux villes, bourgs et villages dont la plupart des habitants - environ deux millions de personnes par jour - viennent travailler dans la capitale. Quant a la population proprement dite de Moscou, elle est de près de 11 millions.
Venons-en maintenant au climat, en quelques mots, pour dire ce qu'un touriste doit savoir à ce sujet. Notons d'emblée que chaque saison a son propre charme, et qu'il est aussi bien de venir a Moscou en été qu'au printemps ou en automne… Et en hiver? demanderez-vous. C'est la saison idéale pour visiter Moscou.
Le climat est ici de type continentale, tempéré. L'amplitude annuelle des variations de temperatures est à Moscou beaucoup plus forte que dans la majorité des grandes villes européennes, elle atteint 28°C. La température moyenne, d'après les observations faites depuis de nombreuses années, est pour les mois d'hiver respectivement de -7,6°C en décembre, -10,2°C en janvier et -9,6°C en fevrier. Comme vous pouvez le constater, l'hiver n'est pas aussi rude qu'on pourrait le penser, quoique parfois les températures puissent descendre jusqu'à -25°C, voire -30°C. Mais quand on sait que le temps est rarement venteux et que l'air de Moscou est sec, on comprendra que les forts gels sont faciles à supporter et qu'il n'y a aucune raison d'avoir peur de l'hiver moscovite. D'ordinaire, les premières gelées ont lieu fin septembre. Les premieres chutes de neige se produisent fin octobre - debut novembre. En été, d'ordinaire, il fait chaud, et le temps est assez ensoleillé. Il arrive meme qu'il fasse franchement tres chaud jusu'a +30°C et meme +35°C. La température moyenne estivale est de +15,8°C en juin, +18,1°C en juillet, +16,2°C en aout. En été, surtout en juillet, les orages sont fréquents.
En général, il fait très bon à Moscou au printemps et au début de l'automne: le temps est sec, sans vent, le ciel est clair, l'air est pur et vivifiant. La température moyenne de mai est de +11,6°C, celle de septembre est de +10,6°C.
Voici encore quelques observations concernant le temps à Moscou. D'ordinaire:
- la neige commence à fondre le 16 mars,
- les freux (premiers oiseaux migrateurs) arrivent le 21 mars,
- la Moskova est debarrassée de la cuirasse de glace le 12 avril,
- la débâcle de la Moskova dure quelque 18 jours,
- le premier orage éclate le 02 mai,
- les pommiers sont en fleurs le 24 mai,
- la chute des feuilles commence le 26 aout,
- la première neige tombe le 02 novembre,
- la Moskova est prise par les glaces le 18 novembre.
Moscou est le principal centre politique, économique, scientifique et culturel du pays. Au cours des siecles, Moscou a joue un rôle éminent dans la vie du pays. "Tout Russe, lorsqu'il contemple Moscou, sent en elle une mère", disait Léon Tolstoi.
Moscou est le berceau de l'état russe. Indissolublement liéeàl'apparition et au développement de la nation russe, aux destinées de tous les peuples de la Russie, Moscou a plus de 860 ans. La première mention écrite à son sujet remonte à 1147, date qu'on considère comme celle de sa fondation. Mais, certes, bien longtemps avant cette date, il existait des agglomérations sur son emplacement actuel. Comme le montrent les résultats des recherches archéologiques, les plus anciennes d'entre elles remontent à il y a environ 5000 ans. En 1156, le prince Youri Dolgorouki fit bâtir une ville fortifiée en bois sur une colline abrupte au confluent de la rivière Néglinnaia et de la Moskova, il la fit entourer d'un rempart de terre, de murs de bois et d'un fosse. Cette cité fut baptisée Moscou, du nom de la rivière Moskova qui coulait au pied de ses murs.
Pour avoir des idées plus précises sur l'histoire de cette ville nous vous présentons la liste des grandes dates de l'histoire de Moscou:
1147 - Première mention écrite de Moscou.
1156 - Construction autour de Moscou d'un rempart en terre, de murs en bois et d'un fosse.
Début du XIV s. - Moscou devient la capitale de la Grande Principauté de Moscou.
1326 - Construction de la première église en pierre au Kremlin.
1367 - édification des murs de pierre blanche du Kremlin.
1404 - Installation de la première horloge municipale de Moscou au Kremlin.
Fin du XV s. - Moscou devient la capitale de l'état russe centralisé.
1485-1495 - Construction des murs et des tours du Kremlin qui se sont conservés jusqu'à nos jours.
1564 - édition à Moscou du premier livre russe.
1633 - Construction du premier chateau d'eau de la ville.
1687 - Institution de l'Académie slavo-greco-latine, premier établissement d'enseignement supérieur de la Russie.
1693 - Première chaussée pavée.
1702 - Ouverture du premier théâtre public.
1712 - Transfert, sur ordre du tsar Pierre le Grand, de la capitale de l'état russe à Saint-Pétersbourg.
1755 - Ouverture de la première université russe.
1812 - Entrée a Moscou, le 02 septembre, des troupes de la Grande Armée qui la quitteront entre le 06 et le 11 octobre.
1825 - Ouverture du Théâtre Bolchoi (la date de sa fondation est considérée comme étant 1776, année de la création de sa première troupe).
1851 - Première liaison ferroviaire Saint-Pétersbourg - Moscou.
1898 - Inauguration de la première ligne téléphonique Saint-Pétersbourg - Moscou.
1899 - Mise en service du premier tramway.
1907 - Premier taxi dans les rues de Moscou.
12 mars 1918 - Arrivée du gouvernement de Pétrograde à Moscou. Proclamation de Moscou capitale de la République des Soviets.
1935 - Mise en service de la premiere ligne du métro de Moscou.
1935 - Adoption du premier Plan directeur de réaménagement de Moscou.
1937 - Mise en exploitation du Canal de Moscou reliant la Moskova à la Volga.
1941 - Bataiile de Moscou: période défensive du 30 septembre au 04 décembre 1941; période offensive du 05 décembre au 20 avril 1942.
1951 - Adoption du deuxième plan de réaménagement de Moscou.
1967 - Mise en service de la tour de télévision d'Ostankino.
1971 - Adoption du troisième plan de réaménagement de Moscou.
2001 - Adoption du quatrième plan de réaménagement de Moscou jusqu'à l'an 2020.
EXCURSIONS, VISITES, ET HÔTELS
1. LA PLACE ROUGE
Sans doute, tout étranger qui vient à Moscou commence sa visite de la ville par la Place Rouge (Krasnaïa Plochtchad). C'est tout à fait naturel, car c'est le coeur de Moscou. La Place Rouge est une des plus belles et grandes places du monde, elle s'étale sur presque 70000m2 (elle fait 695 m de long sur 130 m de large au maximum), devant le mur est du Kremlin.
Au pied de ce mur se trouve le Mausolée de Lénine, fait de granit rouge foncé et de labrador noir. Le Mausolée est ouvert aux visites de 09 a 13 h, sauf le lundi et le vendredi.
Derrière le Mausolée, la Nécropole révolutionnaire longe le mur du Kremlin. Des monuments funéraires sont installés sur le tombes des dirigeants du parti communiste et de l'état soviétique.
L'ensemble architectural de la place s'est formé au fil des siècles. En 1555-1561 y fut construite la cathédrale de l'Intercession-de-la-Vierge connue comme cathedrale de Basile-le-Bienheureux, une des plus belles créations de l'art national russe. Elle fut bâtie sur ordre du tsar Ivan IV le Terrible pour marquer la victoire sur le khanat de Kazan. La cathédrale abrite une filiale du Musée d'histoire dont l'exposition raconte son histoire. Dans l'enceinte de la cathédrale se dresse le monument à Minine et Pojarski (1804-1818) qui fut le premier monument civil érigé à Moscou.
à droite de la cathédrale se dresse la tour du Sauveur, qui, depuis longtemps déjà, est un des symboles de Moscou. Majestueuse et élégante cette tour d'entrée au Kremlin a été érigé en 1491. Le travail des maîtres russes fut dirigé par l'architecte milanais Pietro Antonio Solari (1450-1493) qui travailla en Russie à partir de 1490. La tour a acquis son aspect actuel en 1625, lorsque l'architecte russe Bajène Ogourtsov la rehaussa d'un sommet pyramidal octogobal à plusieurs registres. C'est par la tour du Sauveur que passaient jadis les processions solennelles du clergé, que les tsars faisaient leur entrée dans le Kremlin, ainsi que les embassadeurs étrangers. Il était interdit de passer par la tour du Sauveur la tête couverte. Même les tsars devaient se découvrir.
En 1625, la première horloge à carillon du Kremlin fut installée sur la tour du Sauveur. Le carillon actuel, qui date de 1851-1852, possède 10 cloches fondues aux 17-18 ss. Son mécanisme occupe 3 niveaux de la tour. Le cadran a un diamètre de 6,12 m.
Non loin de la catédrale de l'Intercession se trouve le Lobnoïe Mesto (ce qui veut dire "surélévation bien visible"), une sorte de tribune ronde faite de pierre blanche (diamètre environ 13 m). Il a été construit en 1534. C'est là que, jadis, étaient proclamés les décrets du tsar.
à gauche de la cathédrale part la rue Varvarka qui tient son nom de l'église Sainte-Barbara (Varvara en russe). C'est la plus vieille rue de Moscou, très animée déjà au 14 s. Entre la rue Varvarka et la Moskova se trouve le quartier qui s'appelle Zariadié ("au-delà du Marché"). Ceux qui sont venus sur la Place Rouge ont tout intérêt à faire une promenade dans la rue Varvarka qui ne prendra pas beaucoup de temps. Son côté droit comporte de véritables perles de l'architecture du passé lointain. Du côté gauche sont alignés les édifices des anciens passages commerçants et galeries marchandes des 17-19 ss et plusieurs maisons assez monotones, construites à la fin du 19 s.
Le premier édifice à droite (au numéro 2) est l'église Sainte-Barbara, bâtie entre 1796 et 1801. Un peu en retrait par rapport à l'église on peut découvrir un édifice avec des fenêtres étroites et asymétriques et un toit en bardeaux très abrupt. C'est le Vieil hôtel des Anglais ou, comme on l'appelle encore, L'Hôtellerie anglaise. C'est ici que descendaient les négociants et les diplomates anglais de passage à Moscou. Cet édifice est connu dans l'histoire de Moscou depuis 1556.
Au numéro 4 de la rue se trouve l'église Saint-Maxime. L'édifice originel de cette église, construit sur la tombe de l'innocent Maxime le Bienheureux, mort en 1434, ne s'est pas conservé. L'église qu'on peut voir date de 1698-1699. Le clocher à coupole verte (1829) qui se dresse devant l'église Saint-Maxime est un merveilleux échantillon de l'architecture du bas classicisme. à deux pas du clocher, au numéro 8-a on voit la cathédrale de la Vierge-de-l'Incarnation, un édifice massif fait de briques rouges. Il y a là une salle de concert réputée pour son acoustique où l'on donne des récitals de musique ancienne très fréquentes. Cette cathédrale est un des édifices de l'ensemble de l'ancien monastère de la Vierge-de-l'Incarnation fondé au 17 s. A côté est situé l'Hôtel des boyards Romanov (numéro 10).
Depuis la rue, vous apercevrez deux de ses étages, mais, côté cour, vous verrez ses trois niveaux. Le rez-de-chaussée est fait de pierre de taille et percé de petites fenêtres. Cet édifice abrite le musée "L'hôtel particulier des 16-17 ss a Zariadié", filiale du Musée d'histoire. Enfin, nous arrivons au dernier monument, c'est l'église Saint-Georges (numéro 12). Construite en 1657, elle attire les regards par son aspect pittoresque et élégant, sa coupole centrale dorée et ses quatre bulbes bleus parsemés d'étoiles dorées.
Une fois revenus sur la Place Rouge, nous allons nous diriger en face de la cathédrale de Basile-le-Bienheureux, là où se dresse un édifice de brique rouge avec quatre paires de tourelles de formes différentes. C'est le musée d'histoire. Le musée, fondé en 1872, déploie ses expositions dans l'édifice construit entre 1875 et 1881 selon un projet de l'architecte Vladimir Sherwood. Auparavant à cet endroit se trouvait un bâtiment à un étage où, en 1755, avait ouvert ses portes l'Université de Moscou, fondée par Mikhaïl Lomonossov. à gauche du Musée d'histoire se dresse la tour Saint-Nicolas, une des tours du Kremlin. Elle a été construite en 1491 sous la direction de Pietro Antonio Solari. Face à la muraille du Kremlin, et longeant toute la place, s'étire un bâtiment à un étage aux larges vitrines, c'est le Grand magasin GOUM. Cet édifice - les anciennnes
Galeries marchandes supérieures - a été construit en 1890-1893 d'après un proget de l'architecte Alexandre Pomérantsev. à droite de l'édifice du Musée d'histoire se trouvent des édifices restaurés de la cathédrale de l'icône miraculeuse de la Vierge de Kazan, des portes Voskrésénskié (de la Résurrection) avec la chapelle de l'icône de la Vierge Iverskaia. Tous les trois ces édifices, monuments de 17 s., ont été détruit dans des années trente du 20 s. Mais en 1993-1995 conformément à la décision du gouvernement de Moscou on les a restaurés et consacrés. Par les portes Voskrésénskié nous quittons la Place Rouge.
à gauche, au-delà de la grille en fer forgé du jardin Alexandre, devant la muraille du Kremlin, se trouve la Tombe du Soldat inconnu où brule la Flamme éternelle de la Gloire. Continuons maintenant le long de la muraille du Kremlin et parcourons les allées du jardin Alexandre, tracé en 1819-1822. Il est intéressant de noter que sous nos pieds coule la rivière Néglinnaia, enfermée dans une canalisation.
Au pied de la tour Médiane de l'Arsenal se trouve la grotte "Les Ruines", monument de la Guerre patriotique de 1812. A gauche de l'allée centrale, sur une petite esplanade se dresse un obélisque, une flèche de section carrée en granit gris, portant les noms de grands révolutionnaires et penseurs, par exemple: Karl Marx, Friedrich Engels, Tommaso Campanella, Thomas More, Claude Henri Saint-Simon etc. C'est le premier monument de la Russie soviétique inauguré en 1918.
L'allée centrale conduit au pont de la Trinité orné, comme la muraille du Kremlin, de merlons en forme de queue d'hirondelle percés de meurtrières. Ce pont relie les tours de la Trinité et Koutafia, par lesquelles on peut entrer dans le Kremlin.
2. LE KREMLIN
La visite du Kremlin commence par la tour de la Trinité. Le Kremlin de Moscou est ouvert aux touristes tous les jours sauf le jeudi, de 10h à 17h. Le premier édifice du Kremlin que nous rencontrons sur notre chemin est la tour Koutafia. Bâtie en pierre blanche au début du 16 s., elle servait d'avant-poste devant le pont de la Trinité. Jadis, la tour était entourée d'un fossé, et l'accès s'y faisait par des ponts-levis. De cette tour part un pont de pierre au parapet crénelé (sous lequel coulait jadis la rivière Néglinnaia) qui nous mène à la tour de la Trinité.
La tour de la Trinité a été construite en 1495-1499 sous la direction de l'architecte Alevisio Novi le Friazine. La tour avait cinq niveau et deux sous-sols superposés, où l'on conservait les munitions servant à la défense du Kremlin.
Revenons maintenant sur les principaux jalons de l'histoire du Kremlin. Sa construction commença au 12 s. sous le règne de Youri Dolgorouki. En 1238, la forteresse fut complètement détruite par les flammes au cour de l'invasion mongolo-tatare. Cependant Moscou continuait de vivre et de grandir. En 1326-1339, le Kremlin est ceint d'une muraille en rondins de chêne. La première construction en pierre fut la cathédrale de la Dormition (ou de l'Assomption), l'ancêtre de celle qui existe aujourd'hui. Le Kremlin devint la résidence des grands princes et des métropolites de Moscou. En 1367-1368, à la place des muralles en chêne, on vit apparaître des murailles et des tours de pierre blanche. C'est de cette époque que Moscou tient son nom de "cité de pierre blanche". En 1382 la forteresse du nouveau fut détruite, les églises pillées par les hordes du khan tatar Tuqtamich, la moitié des habitants périssent.
Entre 1485 et 1495, sous le règne du grand-prince Ivan III, au lieu et place des murailles de pierre blanche du Kremlin furent érigées l'enceinte et les tours en brique que nous voyons aujourd'hui.
Le 17 s. ouvre une nouvelle page très intéressante dans l'histoire du Kremlin, qui s'enrichit de nouveaux édifices. à partir de 1712, Moscou cède le pas devant la nouvelle capitale, Saint-Pétersbourg. Le Kremlin reste une résidence temporaire de la cour du tsar. C'est là que séjournent les empereures et les impératrices de Russie, qui viennent se faire couronner, s'incliner sur la tombe de leurs ancêtres ou vénérer les saintes reliques.
En 1737, un grand incendie détruit toutes les constructions en bois qui étaient encore dans le Kremlin. L'année 1812 apporte aussi son cortège d'épreuves au Kremlin pendant le mois que les troupes napoléoniennes y séjournèrent. Forcés à abandonner Moscou, les envahisseurs tentèrent de faire sauter le Kremlin. Seul le courage des soldats russes et des habitants de la ville les empêche de mettre leur plan criminel à execution. Risquant leur propre vie, les Russes éteignent de nombreuses mèches déjà allumées. Cependant certaines charges explosèrent quand même, et le Kremlin en souffrit fortement. Trois tours, ainsi que le clocher-arcade d'Ivan-le-Grand sont détruits; la tour Saint-Nicolas et d'autres constructions sont fortement endommagées. Une fois la Guerre patriotique de 1812 achevée, tous les monuments du Kremlin furent progressivement restaurés.
Au 19 s. l'ensemble s'enrichit de constructions nouvelles. C'est alors qu'apparaît le Grand Palais du Kremlin et le nouvel édifice du Palais des Armures.
En 1937 les cinq plus hautes tours du Kremlin voient s'allumer, à leurs sommets, des étoiles couleur rubis. Vues d'en bas ces étoiles semblent de modestes dimensions, mais l'écartement des branches de la plus petite d'entre elles, installée sur la tour Vodovzvodnaïa, fait 3 m, et elle pèse une tonne. Les plus grandes (3,75 m d'écartement et 1,5 t de poids) couronnent les tours Saint-Nicolas et du Sauveur. Malgré leur poids, les étoiles tournent autour de leur axe quand le vent change de direction.
Pousuivons notre excursion dans le Kremlin. Au-delà de la muraille, à droite de la tour de la Trinité, s'élève le Palais des Congrès. Cet edifice monumental fut construit en 1961. La salle des congrès dont la scène est mise à disposition du Théâtre Bolshoï possède de 6000 postes pour les spectateurs.
En face du Palais des Congrès se trouve l'ancien Arsenal, un remarquable monument d'architecture du début du 18 s. Sa construction commença en 1701 sur ordre de Pierre le Grand et fut achevée en 1736. Le long de la façade de l'Arsenal sont disposés 875 canons, trophées pris par les troupes russes à la Grande Armée en 1812. Vous y verrez aussi des canons russes des 16-17 ss. posés sur des affuts du 19 s.
Face à l'Arsenal, derrière un petit square, se trouve un bâtiment à 3 niveaux, posé sur un haut socle. C'est l'édifice de l'ancien Sénat construit entre 1776 et 1787 par le grand architecte Matveï Kazakov dans le style du classicisme russe. La façade est de l'édifice donne sur la Place Rouge d'où l'on aperçoit parfaitement sa coupole où flotte le drapeau de la Russie.
Nous nous approchons maintenant d'une petite église des Douze-Apôtres et du Palais du Patriarche. Ces deux édifices ont été construits entre 1653 et 1656. Maintenant ils abritent le Musée des arts décoratifs et des moeurs du 17 s.
Non loin de l'église des Douze-Apôtres on peut admirer un remarquable monument de l'art de la fonderie du 16 s., le Tsar des Canons (Tsar-Pouchka). Il a été coulé avec du bronze en 1586. Long de 5,34 m, son calibre est de 890 mm et il pèse de 40 t. Les spécialistes considèrent que ce canon était destiné a tirer des boulets de pierre. Mais il n'a jamais tiré. Les boulets en fonte au pied du canon sont purement décoratifs. Ils remontent au 19s.
Le centre compositionnel de l'ensemble du Kremlin, une des constructions les plus remarqables du 16 s., est le clocher d'Ivan-le-Grand, campanile à trois registres constitué de prismes octogonaux se rétrécissant vers le haut. Ce clocher de pierre blanche est couronné d'une coupole dorée sous laquelle court une inscription en slavon, qui nous apprend que le clocher a été érigé en 1600, sous le tsar Boris Godounov. De nos jours, le clocher-arcade abrite la Salle d'exposition du fonds artistique du Kremlin.
Au pied du clocher, sur un socle de pierre, on voit la Cloche-Reine (Tsar-Kolokol), la plus grosse de toutes les cloches du monde. Elle pèse 200 t. Le morceau qui repose à côté pèse 11,5 t (la cloche s'est fissurée lors de l'incendie de 1737 et ce morceau s'en est détaché). Cette cloche fait 6,14 m de haut et 6,6 m de diamètre. La Cloche-Reine est un monument unique de la fonderie russe. Elle a été fondue en 1733-1735 et puis a séjourné plus d'un siècle dans sa fosse de moulage. Ce n'est qu'en 1836 qu'elle fut retirée et installée à son emplacement actuel.
La place qui sépare la Cloche-Reine de la tour du Sauveur s'appelait jadis place Saint-Jean (Ivanovskaïa), c'est là que se trouvaient les Offices de la Justice et du Trésor. C'est sur cette place également qu'on fouettait les coupables et qu'on donnait lecture des oukazes des tsars. D'où l'expression russe: "Crier sur toute l'Ivanovskaïa", qui signifie crier à tue-tête.
Juste en face de la Cloche-Reine se trouve le jardin Taïnitski (du Secret).
Revenons au clocher d'Ivan-le-Grand. Il unit dans un magnifique ensemble architectural toutes les cathédrales du Kremlin. Celles-ci se dressent sur la place des Cathédrales (Sobornaïa plochad), la plus ancienne des places de Moscou. Elle date du début du 14 s. C'est, depuis, la principale place du Kremlin. C'est là que se déroulaient les cérémonies solennelles du sacre des tsars et des empereurs; c'est là aussi que l'on accueillait les ambassadeurs étrangers.
Côté nord, elle est flanquée de la cathédrale de la Dormition (ou de l'Assomption), à cinque coupoles, construite en 1475-1479 sous la direction de l'architecte italien Aristote Fioravanti. Les murs de la cathédrale sont faits de pierre blanche, tandis que les voûtes et les tambours sont en brique. Cette cathédrale frappe par l'harmonie de ses proportions. Haute de 38 m, elle est large de 24 m et longue de 35,5 m. Lintérieur se présente comme une salle spacieuse, haute et claire, dont les voûtes sont soutenues par des piliers ronds. La première peinture murale couvrant entièrement les murs, les voûtes et les piliers fut confiée en 1514 à des maîtres russes. Depuis cette époque, elle a été maintes fois refaite. Ses icônes des 14-17 ss. sont des remarquables échantillions de l'art des peintres russes. La cathédrale renferme aussi nombre d'objets des arts décoratifs russes. Les vantaux du portail sud sont revêtus de feuilles de cuivre ornées, sur fond de laque noire, de vingt sujets bibliques traces d'or. A l'entrée sud se trouve le trône d'Ivan le Terrible, le premier tsar de la Russie. Réalisé en 1551, c'est un spécimen unique de l'art des sculpteurs sur bois russes. Sous un baldaquin de bronze ajouré (1627) se trouve la châsse du patriarche Hermogène. Douze lustres en bronze doré du 17 s. et le lustre central qui est en argent et en bronze et date du 19 s. complètent l'éclairage de l'intérieur.
Pendant de nombreux siècles, la cathédrale de la Dormition fut la principale église de la Russie. Elle était le lieu du sacre des tsars et, depuis Pierre le Grand, des empereurs de Russie. C'est là également qu'étaient proclamés les principaux actes d'état et que se déroulaient les cérémonies solennelles. On y enterrait aussi les patriarches et les métropolites de Moscou.
à gauche de la cathédrale se trouve une petite église à bulbe, l'église de la Déposition-de-la-Robe-de-la-Vierge, qui se distingue par l'élégance de ses proportions. Construite en 1484-1486, elle servait de chapelle privée aux patriarches et métropolites.
Au fond de la cour, près de cette église, se trouvent la Salle d'Or de la Tsarine, salle de réception des tsarines russes du 16 s., ainsi que les églises du Palais des Térems unies sous un même toit en 1681-1682 et couronnées de onze coupoles dorées.
Un autre monument magnifique de l'architecture russe, le Palais à Facettes, expose une de ses facades vers la place des Cathédrales. C'est une des constructions civiles les plus anciennes de Moscou. Il fut bâtie en 1487-1491 sous la direction des architectes italiens Marco Ruffo et Pietro Antonio Solari. Sa façade est revêtue de pierre blanche taillée à facettes. Une grande salle à voûtes reposant sur un puissant pilier central occupe le premier étage. Haute de 9 m, elle a une superficie de 495 m2. Depuis toujours, le Palais a Facettes a servi pour les cérémonies solennelles.
Du même coté de la place se trouve un autre monument remarquable de l'architecture du 15 s., la cathédrale de l'Annonciation avec ses neuf coupoles dorées. Elle est l'oeuvre de maïtres de Pskov (1484-1489). Sous le règne d'Ivan IV le Terrible elle fut reconstruite et reçut un perron du côté sud-est qu'on dénomma Perron d'Ivan le Terrible. Cette cathédrale servait jadis de chapelle privée aux grands princes et tsars russes. D'où le caractère plus intime de l'architecture et de la décoration intérieure comparées à celles de la cathédrale de la Dormition.
Face à la cathédrale de l'Annonciation se trouve la cathédrale de l'Archange-Saint-Michel. C'est une svelte construction de pierre blanche, surmontée de cinq coupoles. Cette cathédrale unit les éléments traditionnels de l'architecture russe ancienne et de la Renaissance italienne. Elle fut construite en 1505-1508 sous la direction de l'architecte italien Alevisio Novi. Dès sa construction elle était la nécropole des princes de Moscou et des tsars russes. On y trouve 46 sarcophages de pierre blanche, portant des inscriptions en slavon. Elles nous apprennent, entre autres, que reposent ici Ivan le Terrible et ses fils.
Nous quittons la place des Cathédrales et découvrons à notre droite le Grand Palais du Kremlin (1839-1849), oeuvre de Constantin Thon. C'est un bâtiment long de 125 m dont la façade principale donne sur la Moskova. Le meilleur endroit pour admirer cet édifice est le quai Sofiiskaïa (de Sainte-Sophie). Le Grand Palais a été construit à l'emplacement de la résidence des grands-princes. Les anciens appartements du palais princier ont été englobés dans l'immense ensemble du nouveau palais. Ce dernier était destiné à servir de résidence à la famille impériale lors de ses séjours à Moscou.
Le palais comprend plus de 700 pièces parmi lesquelles cinq salles de gala: Salle de Saint-André, de Saint-Alexandre, de Saint-Vladimir, de Saint-Georges et de Sainte-Catherine. Toute la décoration des salles est consacrée aux victoires des armes russes aux 15-18 ss.
Le Palais des Térems a été construit en 1635-1636 par les architectes russes Bajène Ogourtsov, Antipe Konstantinov et Larion Ouchakov. C'est un monument très intéressant de l'architecture et des moeurs russes de 17 s. Ses térems sont constitués de pièces à voûtes surbaissées dont les murs et les plafonds furent recouverts d'une peinture polychrome; les fenêtres ont des vitres de couleur, dans les angles les poêles à carreaux de faïence.
L'ensemble du Grand Palais comprend l'édifice le plus ancien de Moscou, l'église de la Résurrection-de-Saint-Lazare, en pierre blanche, que l'on date approximativement de 1393. C'est le seul monument d'architecture du 14 s. qui existe encore à Moscou.
A côté du Grand Palais du Kremlin se trouve l'édifice du Palais des Armures, construit en 1851 d'après un projet de l'architecte Thon. Au 16 s., c'était un ensemble d'ateliers où l'on fabriquait et stockait armes et armures. Par la suite, on y entreposait trophées de guerre et dons des ambassadeurs. à partir de 1720, sur ordre de Pierre le Grand, on y réunit une collection permanente d'armes, de pièces d'orfèvrerie, etc. Le Palais des Armures est devenu un musée ouvert au public en 1813. Y sont exposées des collections uniques d'objet des arts décoratifs russes et étrangers, des présents offerts par différents ambassadeurs, des armes et armures des 13-18 ss., une collection de tissus et de vêtements des 14-19 ss. qui n'a pas d'équivalent dans le monde quant à sa richesse, sa diversité et sa valeur artistique, une exposition d'orfèvrerie des 12-19 ss.
Parmi les insignes de dignité souveraine figurent la fameuse chapka de Monomaque, qui servit au couronnement des tsars de Russie jusqu'à Pierre le Grand (couvre-chef en or filigrane serti de pierres précieuses et bordé de zibeline); le trône d'Ivan le Terrible; les couronnes aux diamants (1682) des tsars frères Ivan et Pierre; la première couronne impériale russe de Catherine I-re (épouse de Pierre le Grand qui régna après sa mort) en argent doré; la robe de mariée de la futur impératrice Catherine II, ornée d'une remarquable broderie en fil d'argent; d'autres objets ayant une grande valeur historique.
Les deux salles du rez-de-chaussée du Palais des Armures abritent le Fonds des diamants qui est une collection de pierres précieuses et de pièces de joaillerie ayant une valeur historique, artistique et matérielle. Au début du 18 s., c'était une collection privée de la famille impériale. Jusqu'à 1914 cette collection était conservée au Palais d'Hiver à Saint-Pétersbourg. Depuis 1967, l'exposition du Fonds est ouverte au public. Parmi les pierres précieuses uniques en leur genre et n'ayant pas de prix, citons le diamant "Orlov" (189,62 carats), taillé à environ 180 facettes, et le diamant "Chah" (88,7 carats). La collection présente encore le plus gros saphir taillé à facettes du monde (258,8 carats) et une pépite d'or de 36 kg, dite "le Grand Triangle".
En quittant le Kremlin, vous verrez encore deux tours couronnées d'étoiles rubis. L'une, à gauche, est la tour Vodovzvodnaïa (ou tour de Machinerie). à côté d'elle se dresse la tour Borovitskaïa (du mot "bor" qui signifie "bois de pins") dont le porche est une des entrées au Kremlin.
3. LA GALERIE TRéTIAKOV
Adresse: 10, rue Lavrouchinski péréoulok.
Est ouverte au public tous les jours sauf le lundi de 10h à 19.30h.
Son fondateur, le marchand moscovite Pavel Trétiakov (1832-1898), avait commencé à collectionner les meilleures oeuvres des artistes russes dès 1856. C'est en 1892, donc 36 ans plus tard qu'il fit don de sa collection à la ville de Moscou. Lorsque la galerie ouvrit ses portes au public, elle présentait 1200 tableaux et quelques centasines d'oeuvres sculptées et graphiques. De nos jours, la Galerie Trétiakov renferme plus de 6000 tableaux, 3000 oeuvres de l'art russe ancien, un millier de sculptures, 30000 dessins et gravures.
L'édifice de la Galerie - c'est l'ancienne maison de Pavel Trétiakov qui a été reconstruite - ressemble à un térem russe. Sa façade, réalisée en 1902 d'après une esquisse du peintre Victor Vasnetsov, lui donne un air alambiqué et peut-être même féerique. Sur le fronton figurent les anciennes armoiries de Moscou: Saint Georges terrassant le dragon. Au cours des dernières années d'importants travaux de modernisation et de restauration ont été entrepris, la Galerie a obtenu de nouvelles surfaces d'exposition, a été construite, notamment, une réserve équipée de tout le matériel nécessaire pour maintenir le niveau optimal de température et d'humidité, de même que l'éclairage requis.
Les collections de la Galerie Trétiakov reflètent toute l'histoire des arts plastiques russes, des mosaïques et icônes du 11 s. aux oeuvres les plus importantes des artisres contemporains.
Parmi les oeuvres russes anciennes, nous trouvons des icônes du génial Andreï Roubliov (vers 1360 - vers 1430), des grands peintres Théophane le Grec (vers 1340 - apres 1405), Dyonisos ou Maître Denis (vers 1440 - apres 1502/03), Simon Ouchakov (1626 - 1686).
Les oeuvres de la peinture russe de la seconde moitié du 19 s. occupent la place centrale dans les expositions de la Galerie Trétiakov. L'oeuvre des Ambulents y est presentée dans toute sa richesse. La "Société des expositins de peinture ambulantes" avait été fondée en 1870. étaient membres de cette association démocratique presque tous les grands peintres réalistes qui s'étaient fixé pour but de créer un art porteur d'idées destiné avant tout au peuple. Les oeuvres de ces peintres étaient présentées partout dans le pays grâce aux expositions ambulantes.
En 1986, la section de l'art soviétique a été transférée à la Galerie d'état de peintre, dont les vastes salles permettent de la présenter dans toute sa pleinitude. Cette exposition est ouverte à l'adresse: 10, rue du Remblai de Crimée (Krymski Val).
4. LE MUSéE DES BEAUX ARTS POUCHKINE.
Adresse: 12, rue Volkhonka.
Ouvert de 10h à 19h tout les jours sauf le lundi.
Dans une vieille rue de Moscou se trouve un remarquable musée dont les collections attirent toujours beaucoup de visiteurs, y compris étrangers.
Au-delà d'une petite grille de fonte et d'une allée de sapins, se profile un édifice monumental à haut portique et à verrière. Vingt-quatre colonnes de granit gris clair ornent sa façade. C'est un des plus beaux édifices de musée dans notre pays. Il a été construit dans le style néo-classique, tel un temple grec de l'Antiquite, par l'architecte Roman Klein, en 1912, spécialement pour abriter le musée créé à l'initiative du professeur moscovite Ivan Tsvetaev. Le Musée des Beaux-Arts Pouchkine (c'est le nom qu'il porte depuis 1937), un des plus grands musées du monde et le second de la Russie (après l'érmitage de Saint-Pétersbourg) possédant des collections d'oeuvres d'art de l'Orient ancien, de l'Antiquité classique et de l'Europe occidentale.
Le musée possède une des meilleures collections au monde d'objets originaux de l'égipte ancienne: pétrogliphes, objets du culte funéraire, reliefs, sarcophages, portraits de Fayoum et tissus coptes. Le département de l'Antiquité classique, outre les moulages des principales oeuvres de la sculpture de la Grèce antique et de Rome, outre les copies des fresques de Pompéi et des peintures murales des catacombes de Rome, nous présente des originaux de terres cuites et vases grecs et étrusques, ainsi que certaines sculptures antiques. La très riche collection d'icônes byzantines, italo-crétoises et italiennes est la fierté du musée. Sa galerie de peinture compte plus de 2000 oeuvres des écoles les plus diverses. Parmi les chefs-d'oeuvre, ceux des maîtres italiens de l'époque de la Renaissance (Botticelli, le Pérugin, Véronèse etc) et des 17-18 ss., de merveilleuses toiles des écoles néerlandaise (15-16 ss.), allemande, anglaise, espagnole (15-19 ss.), des toiles des maîtres hollandais et flamands du 17 s. Très riche est la collection des oeuvres françaises du 17 au 20 s.: Poussin, Chardin, Delacroix, Corot, Courbet, Sézanne, Matisse, Van Gogh, Picasso. L'école des impressionistes français est très bien représentée par Monet, Pisarro, Renoir, Degas… Parmi les oeuvres de l'art du 20 s. que possède le musée, on peut voir des toiles des peintres Rockwell Kent, Renato Guttuso, Hans Grunding, Antonin Prochazka, Jozef ?apek etc.
Le musée organise périodiquement des expositions d'oeuvres d'art de divers pays du monde, ou bien de certains artistes du passé ou contemporains. Le musée effectue aussi un important travail de recherche et entretient des contacts scientifiques avec de nombreux grands musées du monde.
Depuis des années 80 du 20 s., le musée s'est aussi fait un nom auprès des amateurs de musique. Tous les ans au mois de décembre, il propose des concerts de misique dans le cadre de ses "Soirées de décembre". Leurs organisateurs furent la directrice du Musée Irina Antonova et le grand pianiste Sviatoslav Richter. En même temps que les concerts, les salles du musée présentent des expositions qui complètent en quelque sorte le programme musical de ces soirées. Cela crée une atmosphère tout à fait propice pour communier avec le monde de la musique et de la peinture dont la perception en synthèse permet de comprendre plus profondément et de manière nouvelle la culture des différentes époques et des différents peuples. Les "Soirées de décembre" durent pendant tout un mois et sont retransmis par la radio et la télévision.
Les "Soirées de décembre" ont déjà un caractère international. Des musées anglais, français, allemends, polonais et d'autres aident à la réalisation des expositions organisées à cette occasion. Les concerts ont vu la participation de musiciens de plusieurs pays de l'Europe et de l'Amerique.
5. LE SITE CLASSé DE KOLOMENSKOïé
Adresse: 39, rue Prospekt Andropova
Horaire d'ouverture: 10.00 - 18.00 tous les jours sauf le lundi.
Sur la rive droite, haute, de la Moskova, dans la partie sud de la ville se trouve un endroit au charme incomparable, c'est le site classé de Kolomenskoïé. Le domaine et le territoire avoisinant ont été déclarés site classé en 1974. Quant a la première mention écrite de Kolomenskoïé, elle remonte à 1339 et figure dans le testament du grand-prince de Moscou, Ivan Kalita.
Le monument d'architecture le plus ancien en est l'église de l'Ascension. C'est un superbe exemple de l'architecture du 16 s., une des premières églises de pierre à toit pyramidal de la Russie. Elle fut construite en 1532. Il y a encore d'autres édifices d'un intérêt certain: c'est l'église-clocher Saint-Georges (16 s.), le Chateau d'eau (17 s.), la porte d'entrée en pierre (17 s.)…
Il était encore une construction, la huitième merveille du monde, comme on la qualifiait il ya trois cents ans. Le temps ayant fait son oeuvre, elle ne nous est pas parvenue, pas plus que les palais qui furent ensuite bâtis a son emplacement. En 1667-1671, le maître d'oevre Semion Petrov et le charpentier Ivan Mikhailov firent édifier pour la tsar Alexei (Alexis) Mikhailovitch un palais en bois "admirablement ingénieux et admirablement beau", formé de plusieurs térems reliés entre eux par des passages couverts. Il avait 270 pièces et 3000 fenêtres; ses tours et tourelles fantasques ornées de ciselures s'élancaient vers le ciel. Pendant cent ans, il se dressa comme le plus bel exemple de l'architecture en bois du 17 s. En 1768, le palais, qui était tombé en désuétude, fut démonté. Mais il est cependant resté l'église palatine Notre-Dame-de-Kazan, qui est parvenue jusqu'à nos jours; c'était le seul édifice en pierre de tout cet ensemle en bois. Nous possédons aussi une maquette du palais (à 1/40e) qui a été réalisée en 1868 d'après des plans et dessins du 18 s., par le sculpteur sur bois Dmitri Smirnov. La vieille église Notre-Dame-de-Kazan, la maquette du palais, un peu d'imagination, et vous pourrez vous faire une idée de ce que fut la huitième merveille du monde.
En 1930 fut donné le départ à l'aménagement à Kolomenskoïé d'un musée de l'architecture russe en bois. On y amena des constructions des 17-18 ss.: une fabrique d'hydromel du village de Préobrajenskoïé (région de Moscou), une tour du fort de Bratsk (Sibérie), la maisonnette de Pierre le Grand provenant de la ville d'Arkhangelsk (Russie du Nord).
Les expositions déployées dans plusieurs édifices du domaine, présentent de nombreux monuments de la culture et de l'histoire de la Russie. Les collections de la peinture russe ancienne, de sculpture sur bois, de carreaux de faïence, de mécanisme d'horloges de tours, d'incunables, etc., sont véritablement uniques en leur genre.
Les édifices de Kolomenskoïé sont entourés par un vieux parc.
6. LE DOMAINE DE KOUSKOVO
Adresse: rue (oulitsa) Iunosti, 2
Ouvert de 10:00 à 16:00 (novembre-mars), de 10:00 à 18:00 (avril-octobre) tous les jours sauf le lundi et le mardi.
Kouskovo est un ensemble architectural et paysager du 18 s., un véritable trésor des chefs-d'oeuvre d'architecture, de sculpture, de peinture, des arts décoratifs, d'agencement des parcs. L'ensemble de Kouskovo comprend un palais, divers pavillons et constructions et un parc qui ont été créés entre les années 1740 et 1770 par des maîtres serfs sous la direction des architecte serfs Fiodor Argounov, Alexei Mironov, Youri Kologrivov et autres, avec la participation de l'architecte moscovite Karl Blank. Le plus ancien des "témoins de l'histoire de Kouskovo" est l'étang. Sur sa berge a été bâti le palais, " la demeure d'agrément d'été, en banlieue, du comte Chérémétiev", comme on l'appelait à l'époque. Piotr Chérémétiev (1713-1788), fils de feld-maréchal Boris Chérémétiev, fidel compagnon d'armes de Pierre le Grand et une des personnes les plusriches de la Russie du 18 s., a commencé à s'occuper de l'aménagement de Kouskovo alors qu'il n'avait que 23 ans pour n'abandonner cette tâche qu'avec sa mort, à 74 ans passés. L'originalité de Kouskovo réside dans le fait qu'il n'a jamais été sérieusement réaménagé, c'est pourquoi le palais et le domaine se sont conservés jusqu'à nos jours dans le style du 18 s., tels qu'ils furent créés par les serfs du comte Chérémétiev.
Le miroir du grand étang, le vieux palais avec son élégante grille en fer forgé, les allées ombragées avec leurs arbres séculaires, les pavillons dans le parc, tout cela crée une image inimitable et pleine de charme. L'ensemble est aussi très beau à voir en hiver. Le centre de la composition architecturale est le palais, construit en 1769-1775 sous la direction de Karl Blank. Le palais est en bois. En parlant du palais de Kouskovo, le poète russe Gavriil Derjavine (1743-1816) disait que, de l'extérieur, il ne brille ni par ses ciselures ni par ses dorures, que son charme ancien et élégant est sa principale qualité: il est simple et majestueux à la fois. Derrière la façade modeste de cette construction est cachée tout une anfilade de salles merveilleuses QUI forment un ensemble unique plein d'harmonie. Notons particulièrement la Grande salle de danse, le Salon framboise, une despièces les plus jolies du palais, avec ses luminaires de cristal d'un goût très sûr, son mobilier ciselé, ses vases en porcelaine…
Le domaine de Kouskovo comprend encore l'église du Saint-Sauveur (1739), le Pavillon Hollandais (1751), le Pavillon Italien (1755), l'Orangerie (1764), l'érmitage (1767) et la Grotte (1761). L'extérieur de ces constructions est en parfaite harmonie avec leur aménagement intérieur qui reflète très largement les arts russes du 18 s.
Kouskovo, c'est aussi un Musée de la céramique, une riche collection de porcelaines, de faïences, de majoliques, de verreries d'art de diverses époques et de divers pays: en tout, plus de 20000 pièces. La fierté du Musée de la céramique est sa collection de porcelaines russes: services de table et services à thé, assiettes et plats aux dessins à la fois simples et élégants de la manufacture Kouznetsov, articles des maîtres de la ville de Gjel, ainsi qu'un grand nombre de pièces de céramique de l'époque soviétique: vases décoratifs, services peints, figurines, montrant la naissance, dans les années 1920, de nouveaux emblèmes et symbole et illustrant aussi l'art des maîtres contemporains. Le jardin à la française de Kouskovo est tout à fait remarquable avec ses allées rectilignes, son parterre pittoresque, ses statues décoratives sur les pelouses, ses groupes sculptés posés sur de haut socles, avec son pavillon de la Grotte, qui est une grande tonnelle de pierre faisant penser, par son aménagement, à une grotte sous-marine.
7. LE MONASTèRE NOVODéVITCHI
Adresse: Novodévitchi proïezd, 1
Overt de 10:00 à 17:00 tous les jours sauf le mardi.
Monastère Novodévitchi, filiale du Musée d'histoire, se trouve à Loujniki, dans la partie sud-ouest de la ville. Le musée renferme et présente des documents concernant l'histoire de la Russie aux 16-17 ss., des oeuvres d'art de cette époque, une magnifique collection d'armes, des glaives de l'époque de la Russie ancienne aux épées de mousquetaires. Les iconostases en bois ciselé, les peintures murales à l'intérieur des églises et certaines icônes peinte par des grands maîtres du passé ont une valeur inestimable.
Le monastère fondéen 1524, fut un important bastion défensif de Moscou. Ses puissants murs et tours de brique, ses galeries intérieures, ses meurtrières sont un exemple typique de l'architecture militaire. Des constructions initiales, datant du 16 s., on peut les voir aujourd'hui: les muraiiles, la cathédrale Notre-Dame-de-Smolensk (1524-1525), du nom de l'icône de la Vierge de Smolensk.
Le monastère a subi de sérieuses modifications entre 1685 et 1689. Il est un des monuments les plus précieux de l'architecture russe des dernières décennies du 17 s. Notons plus particulièrement les douze tours, les églises de la Transfiguration-du-Sauveur et de l'Intercession-de-la-Vierge, bâties dans le style "baroque Narychkine", qui surmontent les portes d'entrée du monastère. Les vieux murs et les cellules du monastère pourraient nous narrer beaucoup de choses. Jadis, c'est ici que prenaient le voile les dames de la famille du tsar et celles des grandes familles de boyards. C'est ici qu'en 1598 fut appelé à régner Boris Godunov, événement que le génie de la poésie russe, Alexandre Pouchkine, relata dans son drame Boris Godunov. C'est ici qu'en 1689 fut enfermée la princesse Sofia, soeur de Pierre le Grand, qui avait fomenté un complot contre son frère afin de s'emparer du pouvoir. C'est devant les appartements de Sofia que furent pendus les streltsy, ses partisans…
On a une très belle vue sur le monastère à partir de la Moskova. Au-dessus des murs et des tours de pierre blanche, rehaussés de brique rouge, et des coupoles des églises se dresse haut dans le ciel un svelte clocher à six registres. Il a été construit en 1690, sa hauteur est de 72 m.
Dans l'enceinte du monastère se trouvent des sépultures où reposent de grandes personnalités publiques et hommes politique de la Russie, des écrivains. Le monastère est jouxté du cimetière Novodévitchié qui est une nécropole des grandes figures de notre pays.
8. LES MONTS DES MOINEAUX
Pendant le tour de la ville on fait un arrêt sur les Monts des Moineaux (Vorobiovy Gory) pour voir le panorama de Moscou. Les Monts des Moineaux, c'est la rive escarpée de la Moskova; ils surplombent ses eaux de 85 m.
En cours de route, vous verrez trois édifices qui se trouvent sur le côté gauche de l'avenue Vernadski. Ce sont le Palais des écoliers, le Théâtre lyrique pour enfants et le Nouveau Cirque de Moscou.
L'aire panoramique vers laquelle on se dirige se trouve devant le nouveau bâtiment de l'Université Mikhaïl Lomonossov. Le nouvel édifice a été bâti entre 1949 et 1953. En un peu moins de quatre ans, 20000 bâtisseurs ont élevé, sur une surface de 320 ha, une quarantaine de bâtiments et ont aussi aménagé un jardin botanique avec un important département dendrologique et un autre réservé aux plantes alpines, un stade et un parc. Le bâtiment principal de l'Université - centre de cet ensemble architectural - est un édifice de 31 étages et de 240 m de haut culminé à une tour à flèche avec, au sommet, une étoile entourée d'épis de blé. Le diamètre de l'étoile avec les épis est de 5 m. Sur les tours à 17 étages jouxtant la partie centrale sont installés un thermomètre, une horloge et un baromètre dont les cadrans ont environ 9 m de diamètre.
Maintenant, ayant regardé le palais on peut admirer le panorama de Moscou. On a l'impression de ne pas être loin du centre de la ville. Mais il faut savoir qu'au début de 20-ème siècle la limite de Moscou ètait là où passe la ligne de chemin de fer de ceinture que l'on voit parfaitement depuis l'endroit où nous sommes. Au-delà de cette dernière, à l'horizon, à droite, brillent les coupoles des cathédrales du Kremlin et du clocher d'Ivan-le-Grand. Droit devant nous se dessinent nettement les édifices de l'avenue Novy Arbat et, plus à gauche, ce sont les bâtiments du gouvernement de Moscou (semblant à un livre ouvert) et l'hôtel "Oukraïna". Par temps clair, on voit très bien, à gauche à l'horizon, la tour de télévision d'Ostankino. Au pied des Monts des Moineaux coule la Moskova.
Entre celle-ci et le chemin de fer de ceinture, sur un immense territoire, dans une boucle de la Moskova, trônent au milieu d'un parc les installations du Stade central Lénine. La Grande arène sportive dont les tribunes peuvent recevoir 100000 spectateurs. à gauche, c'est la Petite arène sportive couverte avec 10000 places. Encore plus à gauche, se trouve l'édifice du Palais des sports, ce stade couvert peut recevoir jusqu'à 15000 spectateurs. On y organise aussi bien des concerts.
La salle omnisports "Droujba" (Amitié), de construction plus récente, fait penser à la carapace d'une immense tortue qui aurait 28 pattes en béton armé. La salle de 100 m sur 100 a l'air très légère et ajourée. Les dimensions et la configuration de l'arène principale peuvent être modifiées en fonction des compétitions que l'on veut organiser, Les tribunes offrent de 3000 à 4000 places.
En tout, les arènes du Stade centrale de Loujniki offrent 160000 places assises et l'on peut y organiser des compétitions dans 32 sports.
Plus loin du Stade on peut voir briller les coupoles du monastère Novodévitchi.
9. LE DOMAINE-MUSéE DE LéON TOLSTOï
Adresse: rue Lva Tolstogo, 21.
Ouvert de 10:00 à 16:00 tous les jours sauf le lundi.
En passant du centre de la ville en direction du monastère Novodévitchi et du Stade central de Loujniki on peut voir la rue Pirogovskaïa faisant suite à la rue Préchistenka. à droite, au début d'un grand square se dresse un monument à Léon Tolstoï en granit monolhitique. Dans une des rues à gauche de la rue Bolchaïa Pirogovskaïa se trouve le Domaine-musée de Léon Tolstoï où, pendant presque tous les hivers entre 1882 et 1901 a habité le grand écrivain: une simple maison en bois à un étage cachée derrière une haute palissade ajourée, une petite cour avec des granges, un jardinet qui faisait la joie de Tolsloï. Dans cette maison est recréé l'aménagement qui existait en 1893-1895. La salle à manger où se retrouvait la nombreuse famille de l'écrivain; le salon où discutaient les grandes figures de la culture russe de l'époque; les pièces des enfants de Tolstoï; son cabinet de travail. C'est là qu'il écrivit le roman "Résurrection", les nouvelles "La sonate à Kreutzer", "Le père Serge", de même que de nombreuses autres oeuvres littéraires, essais et articles. Tolstoï y est venu pour la dernière fois en septembre 1909, un an avant sa mort. C'est en automne 1921 que le domaine de Tolstoï a été fait musée.
10. LE MUSéE D'ART DES ARTISANS SERFS
Adresse: rue Pervaïa Ostankinskaïa, 5
Ouvert d'été (19/05 - 30/09) de 10:00 à 18:00 tous les jours, sauf le lundi
Entre le Jardin botanique principal de l'Académie des Sciences de la Russie et la tour du Centre national de télévision à Ostankino s'étend le parc du Palais d'Ostankino, un remarquable monument de l'architecture et de l'art russes. Le palais appartenait jadis aux comptes Chérémétiev. Il a été bâtie en 1791-1798, du vivant de Nikolai Chérémétiev, par ses paysans serfs qui étaient dirigés par l'architecte autodidacte Pavel Argounov (1768-1806) et d'autre architectes au services du comte. C'est un palais d'été qui a été construit entièrement en bois dans le style du classicisme russe. Sa façade principale est ornée d'un haut portique à six colonnes. La façade du côté opposé possède, quant à elle, un portique à dix colonnes qui est moins strict et semble souligner l'intimité du parc du domaine. Les intérieurs du palais - salles d'apparat, foyer, galeries - sont richement décorés. On admirera notamment les superbes ornements en bois dorés du mobilier, les finitions recherchées des portes et des plafonds, les tissus qui tapissent les murs, les parquets en marqueterie aux essences rares, et encore de très riches collections de lustres de bronze et de cristal, de torchères et des cassolettes en bois sculpté et doré; dans leur grande majorité, ces oeuvres d'une grande qualité artistique ont été executées par des maîtres serfs à l'époque de la construction du palais. Très intéressantes sont aussi les peintures, surtout les oeuvres des Argounov, artistes serfs, et les riches collections de porcelaines, de tableaux, de gravures et de sculptures. La partie centrale du palais est occupée par le théâtre qui, au 18 s., était un des meilleurs de la Russie; sa troupe était composée d'acteurs serfs, parmi lesquels de célèbres actrices russes: la chanteuse Prascovia Kovaliova-Jemtchougova (1768-1803) et la danseuse Tatiana Chlykova-Granatova (1773-1863). En 1917, la domaine d'Ostankino a été nationalisé, et le palais est devenu le Musée de l'art des artisants serfs. La machinerie du théâtre partiellement conservée suscite le plus vif intérêt. Aujourd'hui on organise au palais des concerts de musique russe ancienne. Non loin du palais se dresse l'église de la Trinité qui est un monument de l'architecture russe de la fin du 17 s.
11. LA CATHéDRALE CHRIST-SAUVEUR (SAINT SAUVEUR)
Détruite dans les années 1930 sur ordre de Staline pour y construire une immense piscine ouverte, la Cathédrale du Christ-Sauveur est reconstruite après la chute du communisme.
La recherche de l'identité russe se traduit, en outre, par le renouveau de l'orthodoxie, muselée par 70 ans de pouvoir soviétique. Partout, les églises orthodoxes sont remises en état.
Ainsi, à Moscou, la cathédrale du Christ-Sauveur, qui avait été détruite par les autorités soviétiques, a été reconstruite à l'identique et entièrement redorée à l'or fin. Elle a été fondée par le Tsar Alexandre I en 1812 pour commémorer la victoire sur l'empereur Napoléon et inaugurée le 26 mai 1883 par le Tsar Alexandre III. La plus grande cathédrale moscovite pouvait accueillir dix mille personnes assises ! Dynamitée sur l'ordre de Staline le 5 décembre 1931, la Cathédrale a été ressuscitée à la fin des années 1990 et consacrée en janvier 2000.
Il en est de même dans les campagnes, où des bulbes fraîchement redorés émergent parfois au milieu de pauvres maisons de bois.
Plus que l'expression de la foi, le renouveau de l'orthodoxie marque l'attachement à la patrie, à la "Sainte-Russie", de sorte qu'il jouit de la bienveillance du pouvoir politique.
A cet égard, la loi du 26 septembre 1997 sur la liberté de conscience et les associations religieuses mentionne "le rôle particulier de l'orthodoxie dans le développement de la nation russe et dans sa culture".
12. SERGUIEV POSSAD
à 70 km au nord de Moscou, sur la route de Yaroslavl se trouve un des plus anciens monastères de la région de Moscou, la Laure de la Trinité-Saint-Serge. Fondée dans les années 1340, la Laure devat jouer un rôle majeur dans l'histoire de Moscou et de l'état russe. C'était un monastère fortifié qui défendit maintes fois Moscou contre les incursions des envahisseurs étrangers. Ses muralles de pierre, édifiées en 1540-1580, atteignent par endroits 12 m de haut. En 1608-1610, quelque 3000 défenseurs du monastère résistèrent héroïquement pendant seize mois à l'assaut de 15000 soldats polonais puissamment armés. En 1689, c'est là que se réfugia le jeune tsar Pierre le Grand dont la vie était menacée par la régente Sofia à la tête des streltsy insurgés. Aux 14-17 ss., le monastère fut un important centre culturel de la Russie où travaillaient des peintres d'icônes célèbres, des copistes, des sculpteurs sur bois, des orfèvres et d'autres artisants. Des trésors inestimables se sont alors accumulés dans ses églises.
A nos jours le monastère est la résidence officielle du Pariarche de Moscou.
Le monastère abrite aussi l'Académie spirituelle de Moscou et le Séminaire orthodoxe.
L'ensemble architectural et artistique du monastère a une valeur inestimable. Un chef-d'oeuvre de l'architecture, un pur exemple de la haute époque de l'architecture moscovite, voilà ce qu'est la cathédrale de la Trinité construite en pierre blanche entre 1422 et 1425. Sa façade est rythmée de pilastres et ornée d'une frise de pierre blanche sculptée. L'édifice est couronnée par une coupole massive. La peinture de l'iconostase et la peinture murale ont été realisées en 1425-1427 par Andreï Roubliov et des peintres de son école. Par la suite, la peinture murale a été plusieurs fois refaite. Remarquable est aussi l'architecture de l'église du Saint-Esprit, bâtie en 1476-1477, avec son haut tambour à deux niveaux: au niveau inférieur se trouve un clocher, tandis qu'au supérieur était aménagé un guet.
En 1559-1585, sur ordre d'Ivan le Terrible, fut élevée la cathédrale de la Dormition, construction monumentale, à cinq coupoles, qui était considérée comme la cathédrale principale du monastère. Ses formes architecturales reproduisent celles de la cathédrale du même nom située au Kremlin de Moscou. A l'intérieur se sont conservées des fresques du 17 s. et une superbe iconostase de bois sculpté et doré dont les icônes, oeuvres de maîtres russes, datent du 18 s.
L'ensemble architectural comprend encore l'Hôtel-Dieu avec l'église Saint-Zosime-et-Sabbatthius à toit pyramidal (1635-1638), le Palais du tsar et le Réfectoire (1686-1692), les Appartements du métropolite et d'autres monuments intéressants. On notera l'architecture du clocher, construit entre 1741 et 1770 par Ivan Mitchourine et Dmitri Oukhtomski; de la Chapelle-sur-la-Source avec ses colonnes de pierre blanche ciselées et enlacées par des pampres, érigée à la fin du 17 s.; de l'élégante église Notre-Dame-de-Smolensk, bâtie en 1745-1748.
La route de Serguiev Possad est bordée de forêts épaisses, de champs et vergers, elle passe devant des entreprises industrielles et des bourgs ouvriers qui ont poussé ici à l'époque soviétique. Ce voyage vous permettera donc de vous faire une idée de ce qu'est la région de Moscou à l'heure actuelle.
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